QUATUOR en Pays Basque

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Le Quatuor Equinoxe

Dimanche 14 octobre, Musée historique à Biarritz

Le Musée historique de Biarritz, installé dans l’ancienne église Saint Andrews rue Broquedis, est un lieu idéal pour la musique de chambre. Quatuor en Pays basque invitait, samedi 14 octobre, le quatuor Équinoxe formé de Jean-Louis Constant et Pauline Dangleterre violons, Loïc Douroux alto et Émile Bernard violoncelle. Le programme réunissait Mozart, Borodine et Durosoir pour un vaste parcours à travers l’histoire du genre.
Le Divertimento en ré majeur de Mozart, pièce viennoise par excellence (1772) est l’œuvre d’un jeune homme de 16 ans qui fait déjà preuve d’une maîtrise de l’écriture surprenante. Les musiciens d’Équinoxe en ont donné une interprétation à la fois raffinée et vigoureuse, lyrique et virtuose, hautement stylée.
Le 2ème quatuor de Borodine déployait ensuite les splendides mélodies de ses quatre mouvements, encore embellies des sonorités riches et chatoyantes des quatre instrumentistes ; au cœur de l’œuvre, le célèbre « Notturno » touchait profondément les sensibilités.
Le quatuor Équinoxe se confirme le meilleur interprète du 1er quatuor de Lucien Durosoir. Tissée de fils aussi divers que la tendresse, l’enthousiasme ou les plus sombres sentiments, l’œuvre demande une concentration sur chaque note, chaque signe, chaque nuance ; le public était littéralement suspendu à ces phrases musicales amples, notamment dans le 3ème mouvement, Adagio extrêmement sombre. Le Scherzo quant à lui, éclairait l’œuvre d’une touche espiègle et souriante quelque peu inattendue dans ce contexte.
Tandis que la ville s’emplissait peu à peu des rumeurs, puis des cris de victoire des vainqueurs du derby, le public abandonnait comme à regret l’écrin chaleureux dans lequel les artistes du quatuor Équinoxe leur avaient offert des moments de haute qualité musicale.

Belarria Irekia

Concert du 15 octobre, Villa Arnaga à Cambo les Bains.

L’orangerie de la villa Arnaga a offert, pour la seconde fois, son décor magique au festival. Le quatuor Équinoxe s’y est produit avec autant de talent et de succès que la veille à Biarritz, dans un programme sensiblement différent. Les artistes ont démontré leur aptitude à s’adapter à tous les styles et tous les éthos, celui très sombre de la révolte et de la mort dominant tout le programme du jour. Guillaume Lekeu, jeune pour l’éternité puisqu’il est mort à 24 ans de la typhoïde, composa à 16 ans un Adagio pour quatuor à cordes qui est comme une prémonition de son destin tragique. C’est là que la beauté et l’unité des sons d’Équinoxe déployaient toute la force spirituelle de l’œuvre. Le quatuor ° 8 de Dimitri Chostakovitch, rageur et sarcastique, nécessitait une interprétation fiévreuse, coléreuse même, menant sans fléchissement d’un bout à l’autre un quart d’heure contrasté de tempi (largo, allegro molto, allegretto…). Le 1er quatuor de Lucien Durosoir (« un nom avec lequel il faudra compter », selon un critique britannique) a été joué pour la deuxième fois (après Biarritz) ; et il est en effet nécessaire d’entendre et de réentendre les œuvres nouvelles à nos oreilles, de se familiariser avec un langage personnel, de s’en approprier les idiomes pour en comprendre le message. Équinoxe est à l’heure actuelle le meilleur interprète de cette œuvre.

Belarria Irekia


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